« Une rencontre qui change tout »  

Dans le cadre d’un projet d’Education à la Citoyenneté Mondiale et Solidaire (ECMS) mené par VIA Don Bosco, plusieurs jeunes ont eu l’opportunité de vivre une immersion interculturelle au Bénin. Cette expérience a été préparée par plusieurs ateliers consacrés à l’interculturalité, aux inégalités et aux stéréotypes, ainsi qu’à la compréhension des interdépendances entre les sociétés. L’un des participants, Mathéo Savary, élève à l’Athénée royal Liège Atlas, revient sur cette expérience qui l’a profondément marqué. 

« Il n’y a pas eu un moment précis où je me suis senti fier… J’étais fier tout le temps, de ce qu’on partageait avec les Béninois·es, du lien que l’on était en train de créer », explique-t-il. 

Dès les premiers jours, Mathéo est frappé par l’accueil et la chaleur humaine. Ce qu’il imaginait être un groupe fermé s’est transformé en un mélange joyeux et spontané. « Je pensais qu’on resterait entre nous, Belges et Béninois·es, mais non. Très vite, on rigolait ensemble, on faisait la fête. On formait un vrai groupe. » 

Une claque culturelle salutaire 

La découverte de la culture béninoise bouleverse certaines de ses représentations. « Chez nous, l’étranger est souvent vu comme une menace. Mais là-bas, c’est l’inverse : on t’accueille, on partage, on rit. » raconte Mathéo.  

Il confie qu’il n’a pas ressenti un changement brutal en lui, mais plutôt une ouverture plus subtile, une plus grande capacité à écouter et à comprendre sans juger : « Ce projet m’a fait comprendre que le respect, c’est plus qu’écouter. C’est essayer de comprendre l’autre, d’agir en tenant compte de ce qu’il ou elle partage avec toi. » 

Une autre façon de comprendre le monde 

Loin du tourisme de détente, Mathéo découvre un voyage transformateur, une expérience humaine intense. « Je n’étais pas préparé à ce que ça me marque autant », avoue-t-il. « Leur mode de vie, leur manière d’être ensemble, ça m’a bouleversé. Il n’y avait pas de stress, tout le monde semblait en paix, solidaire, souriant. » 

Et après ? 

À son retour, un vide se fait sentir. Il raconte : « Je me suis demandé pourquoi j’étais revenu. Je n’avais qu’une envie : repartir. » 

Il évoque aussi la frustration de ne pas pouvoir accueillir à son tour les jeunes Béninois·es, en raison des lourdeurs administratives et des inégalités économiques : « J’aimerais tellement que ces jeunes viennent en Belgique, leur montrer notre culture, une bonne frite, nos paysages… »* 

Un conseil pour les futurs participant·es ? 

« Foncez la tête baissée. Sans a priori, sans attentes. Vivez l’expérience, découvrez. Même si vous pensez que ce n’est pas votre truc, vous en ressortirez changé·es. », recommande Mathéo.  

*Nous sommes ravi·es d’avoir entre-temps réussi, dans le cadre de Youth 4 Belgium, à offrir à des jeunes du Bénin la possibilité de vivre une expérience similaire en Belgique. Fin septembre, pas moins de 29 jeunes du Bénin, de Madagascar et de Tanzanie viendront en Belgique pour échanger avec des jeunes Belges sur des thèmes tels que l’égalité des genres et la domination socio-économique.