Le Pérou et l'Equateur en route vers un avenir durable

19 septembre 2018
Laura Eliaerts & Bram Reekmans
Bonne nouvelle : à partir de 2022, nos écoles professionnelles du Pérou et d’Equateur quitteront notre programme. Nous sommes convaincus que d’ici là, elles pourront continuer leurs activités de manière indépendante. Dans le cadre de leur évolution vers une durabilité financière, une délégation d’entre eux est allée visiter leurs homologues de Colombie. En effet, après avoir été soutenus pendant de nombreuses années par VIA Don Bosco grâce à vous, nos écoles de Colombie mènent leurs activités de manière indépendante depuis 4 ans, et ce avec succès.

Pêcher pour un avenir durable

« Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera tous les jours. »

La source de cette citation a souvent été contestée, car revendiquée par plusieurs personnes et différents peuples. Mais ce qui est sûr, c’est que cet ancien proverbe a résisté à l’épreuve du temps.

Malgré un ton un rien paternaliste, cet adage est pertinent au sein de la coopération au développement. Dans notre contexte, cela signifie que le but de VIA Don Bosco n’est pas de continuer à soutenir les écoles professionnelles dans le Sud pour l’éternité. Notre travail se termine lorsqu’il devient superflu. C'est pourquoi notre programme vise à rendre les écoles financièrement pérennes et dotées des compétences vitales pour gérer un enseignement de qualité.

Le chemin vers la durabilité est long et semé d’embuches. Pour paraphraser notre citation : les filets de pêche peuvent se rompre et certaines eaux ne contiennent pas toujours beaucoup de poissons. Autrement dit, les sources de financement pour la gestion quotidienne de l’école ne sont pas nombreuses. Les défis pour nos écoles restent par contre énormes : un enseignement de qualité exige des infrastructures et des équipements d’ateliers coûteux. Les financements du gouvernement sont rarissimes ou sous-estimés, et les minervaux d’inscription n’aident pas beaucoup du fait de notre groupe-cible de jeunes défavorisés. Vous l’aurez compris, dans ces conditions, devenir financièrement indépendant n’est pas évident.

Pourtant, nous allons relever ces défis avec nos écoles partenaires !

 

Le Pérou et l’Equateur voleront bientôt de leurs propres ailes

Nos 2 pays partenaires, Pérou et Equateur, sont prêts à passer à l’étape de l’autonomie. Dès 2022, nous arrêterons notre relation financière avec eux, avec la conviction intime qu’ils seront capables de préserver le fonctionnement de leurs écoles, et ce toujours pour les jeunes vulnérables.

Nous ne quittons pas si facilement un pays. Durant cinq ans, nous préparons ces écoles à cette étape importante. D’une part, nous renforçons leurs capacités de gestion et d’organisation pour un enseignement de qualité. D’autre part, nous œuvrons avec eux vers une diversification de leurs revenus.

La Colombie : une réussite

Inutile pour nous de réinventer la roue ! Ce n’est pas la première fois que VIA Don Bosco enregistre des bons résultats et peut quitter un pays sereinement, en faveur d’autres pays qui pourront à leur tour bénéficier de notre soutien. L’Inde fut une belle réussite, mais plus proche du Pérou et de l’Equateur, la Colombie l’a été également. Fin 2013, VIA Don Bosco y a terminé sa relation financière avec les écoles professionnelles locales. Celles-ci ont réussi à maintenir leur fonctionnement. Ce ne fut pas sans quelques coups d’essais et erreurs, mais ils peuvent désormais afficher un réseau d’écoles professionnelles qui offre chaque année une perspective d’avenir aux jeunes vulnérables.

Ils en sont fiers, à juste titre !

Pour apprendre de l’expérience de leurs homologues, nos partenaires du Pérou et d’Equateur se sont rendus en juillet en Colombie. André, Equatorien, en explique la raison : « Le contexte peut varier d’un pays à l’autre, mais la mission de cibler les jeunes les plus vulnérables, reste la même. Devenir pérenne est une nécessité partagée. Je suis venu ici pour apprendre quelle direction nous pouvons prendre, et quelles ‘faux pas’ nous pouvons éviter. »

Les participants ont visité les différents chainons du réseau des écoles professionnelles Colombiennes, et ont participé à des ateliers de l’Organisation Internationale du Travail (ILO) et du Programme de Développement des Nations Unies (UNDP). Quelques pièges et écueils que l’on peut rencontrer sur le chemin de la durabilité ont été examinés : gestion financière, optimisation des coûts, diversification des revenus, coordination efficace entre les acteurs, écoles-entreprises stables, location des infrastructures et du matériel actuel, digitalisation, alliances et lobbying vers les institutions gouvernementales, partenariats avec des entreprises, etc. Les possibilités sont légion, mais leur élaboration requiert expertise et réflexion.

 

Back to work !

Les conseils en matière de durabilité glanés chez leurs homologues ont été une étape importante sur le chemin ardu de l’autonomie. Mais nous avons encore du travail : les trois années à venir seront cruciales. Des efforts supplémentaires devront être fournis, et des investissements devront être réalisés pour atteindre un avenir durable. Avec votre soutien, VIA Don Bosco accompagnera activement ces écoles. « Ce ne sera pas facile, mais nous ne serons pas seuls », dixit Juan du Pérou. Ou comme notre ami Jeisson de Colombie l’exprime bien : « Aujourd'hui, de nouvelles routes nous sont proposées : il y a un formidable potentiel. »

Pour notre prochain programme 2022-2026, VIA Don Bosco prospecte déjà d’autres pays qui pourraient profiter de notre expertise à bon escient. Nous sommes ouverts à toutes possibilités !

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