Deux jeunes entrepreneurs en Bolivie

28 juillet 2017
Dans le cadre du programme de 5 ans de VIA Don Bosco (2017-2021) en Bolivie, Torfs s’est engagé à investir 10 000 euros par an dans l’accompagnement des jeunes vulnérables vers le marché du travail. Torfs finance en particulier le fonctionnement des bureaux d’emploi dans l’accompagnement des jeunes vers l’entreprenariat indépendant. On laisse la parole à deux jeunes entrepreneurs: Basilia et Marlen.
"La création de vêtements est ma vie et je veux me surpasser avec les missions que mes clients me confient"

En Bolivie, VIA Don Bosco est actif dans les départements La Paz, Santa Cruz, Cochabamba et Chuquisaca et y travaille en collaboration avec sept écoles d’enseignement professionnel et quatre bureaux d’emploi. Les bureaux d’emploi ont pour objectif d’accompagner les jeunes vers le marché du travail lorsqu’ils terminent leurs études. Ils contribuent directement à l’intégration sociale et professionnelle des filles et garçons vulnérables en leur apportant du soutien dans leur recherche vers un avenir professionnel, soit par un travail salarié, soit par l’entreprenariat. 

Afin de présenter le résultat du travail des bureaux d’emploi, nous publions ci-dessous deux témoignages d’élèves qui entre-temps ont démarré leur propre entreprise. 

 

Basilia (27) – coupe et couture – Yapacaní

"Je m’appelle Basilia Cáceres Sandoval. J’ai 27 ans et je suis née à Yapacaní. Je suis mariée et j’ai un fils qui va à la garderie parce que à cause de mon travail, je ne peux pas le garder. Actuellement, j’habite dans un appartement que je loue, avec mon mari et mon fils. Nous travaillons dur pour que notre fils puisse aller à l’université plus tard, ce que nous n’avons pas pu faire. Je suis l’avant-dernière de la famille. Mes parents ont divorcé quand j’étais encore à l’école. Je suis alors allée vivre chez mon père, mais je n’ai jamais perdu le contact avec ma mère. De temps en temps je lui rend visite ou elle vient me voir dans mon atelier.

Lorsque j’avais terminé mon école secondaire, je voulais aller à l’université, mais comme on est six à la maison, il n’y avait pas assez d’argent. C’est pour cela que j’ai décidé à 19 ans de m’en aller pour le Brésil, où j’ai trouvé un emploi dans une entreprise de textile.

Après 11 mois, je suis retournée en Bolivie. Je rêvais de démarrer mon propre atelier de confection et je me suis alors inscrite dans l’école Don Bosco pour l’enseignement professionnel, dans la formation « coupe-couture ». Au Brésil, je ne faisais que de la couture, mais lors de ma formation professionnelle j’ai appris à prendre des mensurations, et à créer moi-même un pull, une robe ou un pantalon. Maintenant j’arrive également à réparer une machine à coudre.

Aujourd’hui, je crée un tas de vêtements, selon les modèles que mes clients souhaitent, ou en fonction d’un modèle de base que je développe moi-même. Mon atelier se trouve dans le bâtiment que je loue, près du marché. Grâce à l’argent que j’ai gagné au Brésil, j’ai pu me procurer une machine à coudre électronique, tout comme une machine qui permet de couper les tissus et une autre pour coudre les boutons. Ainsi, j’ai tout ce qu’il me faut pour pouvoir être au service de mes clients.

Je me distingue de mes concurrents par la qualité de mon travail, j’ai par exemple des commandes pour des sociétés de transport et des écoles. Je voudrais encore me perfectionner via des formations supplémentaires afin de garder mes clients satisfaits. La création de vêtements est ma vie et je veux me surpasser avec les missions que mes clients me confient." 

 

Marlen (25) – Formation gastronomie – Santa Cruz

"Je suis Marlen Chacón Ticona, 25 ans. Je suis la formation gastronomie à l’école professionnelle ‘Centro de Educación Alternativa Mama Margarita’ (CEAMM), à Santa Cruz. L’année dernière, je terminais la formation de base et fin 2017 j’obtiendrai mon diplôme. J’habite avec ma mère et ma sœur. Ma sœur fait des études de médecine. Lorsque ma mère est tombée malade il y a quelques années, j’étais responsable de la famille. Les études de ma sœur coutent cher.

J’aime cuisiner, c’est pour cela que j’ai commencé à préparer des repas frais pour les vendre au marché où mon oncle m’a offert un étal. Chaque jour je paie deux Bolivianos (environ 0.25€) au propriétaire du marché et je vends à peu près 50 repas par jour au prix de 25 à 50 Bolivianos par repas. Je travaille du lundi au samedi. Puisque je ne travaille que le matin, je peux aller à l’école l’après-midi afin de continuer à développer mon talent culinaire.  Mon rêve serait d’ouvrir un restaurant où je pourrais servir le petit-déjeuner et le déjeuner. Grâce à la vente sur le marché, je peux économiser pour payer le loyer d’un immeuble dans le future. Pendant ma formation au CEAMM, j’ai appris à préparer un tas de plats différents dont mon favori « plato paceño » , un plat régional de La Paz, à base de maïs, haricots, pommes de terre, du fromage et du chili."  

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